Les États-Unis ravivent la guerre contre l’AMA

Les États-Unis ravivent la guerre contre l'AMA L'Agence mondiale antidopage (AMA - WADA) a examiné le rapport du Groupe de travail

Les États-Unis ravivent la guerre contre l’AMA

L’Agence mondiale antidopage (AMA – WADA) a examiné le rapport du Groupe de travail sur l’« indépendance opérationnelle » des organisations nationales antidopage (ONAD). À la veille des Jeux de Los Angeles, il recommande le recours « à une entité indépendante » pour effectuer les contrôles antidopage lors des grands événements. Les États-Unis contestent cette préconisation. 

 

Dans le cadre de la lutte antidopage, jusque-là, les ONAD (organisations nationales antidopage) sont des organisations désignées par leur pays ou leur gouvernement comme autorité principale, au niveau national, pour les programmes antidopage d’un pays.

Ce sont elles qui planifient la distribution des contrôles, sélectionnent les athlètes à contrôler, prélèvent les échantillons et gèrent les résultats.

 

Or, dans le cadre des compétitions organisées dans un pays hôte, l’AMA préconise que ces fonctions doivent être désormais assurées par un organisme indépendant et impartial, afin d’éliminer tout conflit d’intérêt ou de partialité. C’est déjà le modèle privilégié pour les Jeux olympiques.

Le rapport préconise de l’étendre désormais aux autres compétitions, comme les championnats du monde.

L’Agence américaine conteste la préconisation

Cette décision a été immédiatement critiquée par Travis Tygart (photo), directeur de l’Agence américaine antidopage (USADA), qui est en guerre contre l’AMA depuis de longs mois en référence à l’affaire des nageurs chinois. Celui qui est l’un des responsables les plus virulents du sport mondial déclare :

« La volonté des dirigeants de l’AMA de marginaliser les organisations nationales antidopage véritablement indépendantes et de rendre le contrôle aux instances sportives et aux prestataires de services sportifs lors des grands événements constitue un dangereux recul et risque de compromettre l’équité de ces compétitions et le droit des athlètes à une compétition loyale. »

 

Sara Carter, la directrice de l’ONAD états-unien, est également passée à l’offensive sur les mises à jour des protocoles et les conflits de juridiction qu’elle considère comme « sapant » la lutte pour un sport propre.

Elle s’en est ouverte dans une lettre adressée à la Maison-Blanche. Lettre envoyée également aux autres ONAD mondiales dans laquelle elle affirme que les ONAD n’ont pas pu faire entendre leur point de vue au moment où les États-Unis s’apprêtent à organiser « les Jeux olympiques et paralympiques les plus propres « , écrit Carter.

L’AMA botte en touche

Quant à l’AMA, elle s’est exprimée brièvement sur le sujet par l’intermédiaire de son porte-parole, James Fitzgerald. Elle indique que le refus du gouvernement américain de payer ses cotisations à l’AMA, ce qui représente plusieurs millions de dollars, ne lui donne pas voix au chapitre.

Ajoutons par ailleurs que l’AMA conteste depuis 2024 les méthodes de l’Agence américaine pour lutter contre le dopage, même si elle n’y a pas fait référence dans sa mise au point.

 

Le contentieux actuel entre les États-Unis et l’AMA remonte à septembre 2020 et s’est accentué au printemps 2024, après des révélations du New York Times et de la chaîne allemande ARD concernant vingt-trois nageurs chinois contrôlés positifs à la trimétazidine avant les Jeux olympiques de Tokyo en 2021, mais qui n’avaient pas été suspendus ou sanctionnés par l’instance.

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