Inde 2036 : un pas en avant, deux en arrière
Inde 2036 : un pas en avant, deux en arrière Le ministre des Sports indien fait adopter par le Parlement une
Inde 2036 : un pas en avant, deux en arrière
Le ministre des Sports indien fait adopter par le Parlement une loi sur la gouvernance nationale du sport. Il prévoit l’adoption d’une législation complète afin d’améliorer la gouvernance des organismes sportifs, à obtenir de meilleurs résultats sportifs et à réduire les litiges. Seulement voilà, le CIO ne semble pas en mesure de l’accepter.
Candidate à l’organisation des Jeux en 2036 et potentiellement favorite à ce projet, l’Inde fait actuellement de gros efforts pour convaincre l’organisation mondiale du sport de lui confier cette organisation.
Le projet de loi présenté cette semaine vise à « mettre un frein aux factions et aux interventions administratives qui nuisent au développement organisé du sport et des activités connexes en Inde », indique le ministre Mansuhk Mandaviya (photo). Le Comité international olympique (CIO) a lui-même été consulté avant sa finalisation. Cependant, la mise en œuvre des chapitres et des clauses du projet de loi ne convient pas au CIO.
Il semble en effet qu’il ne respecte pas l’autonomie du sport.
Le sport sous surveillance
Le texte indique en effet que le sport est une des compétences des 36 états et territoires qui composent le pays. La nouvelle loi nationale regroupe toutes les organisations sportives sous une seule entité sous le nom d’Organismes sportifs nationaux (OSN).
L’organisme regrouperait le Comité national olympique (l’Association olympique indienne), le Comité national paralympique (CIP), les Fédérations sportives nationales et régionales pour chaque sport désigné. Le projet de loi prévoit également que les mêmes règles régissent tous les organismes sportifs, y compris les modalités des élections.
Ajoutons que le projet de loi vise à modifier la Loi nationale antidopage de 2022 et à créer une Agence nationale antidopage chargée de mettre en œuvre les règles antidopage. Cet organisme est plus que nécessaire dans un pays où la recrudescence des infractions aux règles antidopage s’est multipliée ces dernières années.
La loi prévoit, enfin, la création d’un Tribunal national des sports afin de réduire les litiges en cours devant les autres tribunaux. C’est ainsi que plus aucun tribunal civil du pays ne sera compétent en matière sportive.
Le CIO exhorte l’Inde à respecter la Charte olympique
L’Association olympique indienne soutient le projet de loi. Toutefois cette organisation est dans le collimateur de l’organisation mondiale du sport. L’IOA est, en effet, confrontée à des problèmes de gouvernance. Ajoutons par ailleurs que si la plupart des fédérations acceptent ce projet de loi, ce n’est pas le cas du BCCI, le conseil indien du cricket (le sport national). Ce dernier entend étudier le texte avant de se prononcer. Cette fédération, très riche, n’attend aucune aide de l’état indien et semble méfiante.
Le CIO est conscient que le projet de loi sur la gouvernance nationale du sport en Inde est d’ores et déjà acté. Toutefois l’institution n’est pas convaincue par le texte et considère que l’état indien ne respecte pas la charte olympique. « Le CIO est toujours prêt à apporter son aide et à collaborer de manière constructive avec les autorités gouvernementales compétentes et l’Association olympique indienne (IOA) afin de garantir la protection de l’autonomie du sport », a indiqué l’un de ses représentants.