Héritage : Paris, ta flamme vacille !
Héritage : Paris, ta flamme vacille ! Le climat économique instable de la France cet été assombrit la fierté et le
Héritage : Paris, ta flamme vacille !
Le climat économique instable de la France cet été assombrit la fierté et le prestige que les Jeux olympiques l’an dernier, avaient fait naître. Les coupes budgétaires impactent trop fortement le sport.

Tony Estanguet présente la plaque de la nouvelle esplanade Alice Milliat dans le 18e arrondissement en compagnie de Thomas Bach, Kirsty Coventry, Anne Hidalgo et Marie Barsacq.
Samedi, la capitale française a une nouvelle fois attiré l’attention du monde sportif international avec la visite de Kirsty Coventry, l’actuelle présidente du Comité international olympique, et de son prédécesseur, Thomas Bach.
Le couple a été accueilli à l’Élysée par le président Emmanuel Macron lors d’une cérémonie mêlant avec art symbolisme et célébration.
Derrière le faste officiel se cachait un malaise institutionnel, alimenté par les récents titres de l’actualité.
Douze mois seulement après les Jeux de Paris 2024 et cinq ans avant l’accueil des Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes, la proposition du gouvernement de réduire de 17,6 % le financement du sport ne passe pas.
Le monde du sport en colère
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité paralympique et sportif français (CPSF) se sont unis pour qualifier les coupes budgétaires prévues d’« erreur d’appréciation historique ». Ce que dénoncent principalement les responsables, c’est la non-prise en compte du rôle du sport dans la société. « Pour chaque euro investi dans le sport, la société en économise treize » et particulièrement en dépenses de santé.
Ce n’est plus à prouver, le sport est un moteur de santé certes, mais aussi d’éducation et de cohésion. En France, malheureusement, cette donnée est rarement prise en compte par les politiques. Le sport n’est qu’une variable d’ajustement au moment de composer le budget national, dont il ne représente que 0,2%.
0,2% pour un budget alors qu’un pays a besoin de gens en bonne santé, bien éduqués et animés par l’envie du « vivre ensemble ».
Incompréhensible, injuste et dangereux
Les chiffres du projet de loi de finances pour 2026 dressent un sombre diagnostic : le financement du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative passera de 1,7 à 1,4 milliard d’euros, le plaçant parmi les ministères les plus touchés. Les autres ministères concernés sont la coopération internationale, l’aménagement du territoire et l’intégration sociale.
Ce tour de vis budgétaire mené par le Premier ministre François Bayrou est destiné à réduire la dette publique française qui atteint 116,2 % du PIB en 2025. Il faut trouver 40 milliards et, à l’évidence, pas dans les poches de ceux qui en ont le moins besoin. La « taxe Zucman », qui vise à instaurer un impôt plancher sur la fortune de 2% à ceux qui disposent d’un patrimoine de 100 millions d’euros, fait son chemin, mais ne trouve pas de majorité dans les assemblées nationales pour l’adopter.
Dans une déclaration commune, les deux instances qui régissent le sport en France dénoncent cette coupe budgétaire. Ils la qualifient d’« incompréhensible, injuste et dangereuse », d’autant plus que le pays est à moins de cinq ans de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes.
Pour le CNOSF et le CPSF, c’est le principal héritage des Jeux de Paris 2024 qui est en péril. La France s’apprêtait à devenir une nation sportive, or, un an après les Jeux, le « sport est traité avec mépris ».
Malgré des perspectives budgétaires moroses, l’enthousiasme du public reste intact. Un récent sondage réalisé par Toluna Harris Interactive révèle que 76 % des Français soutiennent l’idée d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 2030. Parallèlement, 80 % des personnes interrogées continuent d’avoir une opinion positive des Jeux olympiques d’été de Paris 2024
Des actrices à la manœuvre
Alors que la France célèbre le premier anniversaire de Jeux salués pour leur participation record, leur audience record et leur succès organisationnel, l’infrastructure financière censée en assurer l’impact est affaiblie.
En réponse, le CNOSF et le CPSF lancent un appel à l’ensemble de la communauté sportive : athlètes, clubs, fédérations, entraîneurs, bénévoles, éducateurs, responsables, parlementaires et citoyens. « Nous appelons tous les amoureux du sport et tous les citoyens conscients de sa valeur à se joindre à nous pour lutter contre cette érosion », ont-ils écrit.
Tous les regards se tournent désormais vers la session parlementaire d’automne, où le projet de loi de finances 2026 sera examiné. La ministre des Sports, Marie Barsacq, et la présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castéra, l’une et l’autre rompue à la négociation gouvernementale, doivent se faire entendre avec force d’ici là. C’est sur elles que repose l’héritage olympique du pays.
Elles ont œuvré jusque-là à le construire, à elles désormais, de ne pas contribuer à son démantèlement.