Double ciseau sans le moindre rétropédalage
Double ciseau sans le moindre rétropédalage Bien que d'origine arménienne, c'est en Ukraine qu'Igor Ter-Ovanessian (1938) est né avant que ses
Double ciseau sans le moindre rétropédalage
Bien que d’origine arménienne, c’est en Ukraine qu’Igor Ter-Ovanessian (1938) est né avant que ses parents ne viennent habiter Moscou. Fils d’athlètes de haut niveau, son père détenait le record d’URSS du lancer du disque dans les années 1930 et sa mère était une ancienne volleyeuse internationale. « Prince Igor » a longtemps détenu le record du monde du saut en longueur.

Ter-Ovanessian est surtout connu pour avoir été le pionnier de la technique du « double ciseau » ou « double pédalage » dans les années 1960, une méthode permettant d’atteindre une vitesse et une distance supérieures à ses adversaires. C’est ainsi qu’il devient le premier européen à franchir la barre des 8 m.
Toutefois, ni son statut dans la discipline ni sa technique ne lui ont permis de décrocher une médaille d’or olympique. Ter-Ovanessian a remporté deux médailles de bronze à Rome (1960) et à Tokyo, quatre ans plus tard. Prince Igor, avec un esprit remarquable, a pris part à cinq éditions consécutives des Jeux olympiques, de 1956 à 1972.
Après avoir mis un terme à sa carrière d’athlète, il s’est orienté vers l’entraînement et a occupé le poste d’entraîneur en chef des équipes nationales d’athlétisme de l’URSS et de la CEI (1983-1992). En 1989, en tant qu’entraîneur en chef de l’URSS, Igor Ter-Ovanesyan a été l’un des initiateurs d’une compétition à quatre équipes opposant l’URSS, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Allemagne de l’Ouest, tentant ainsi de faire revivre les « rencontres des géants » qui avaient eu lieu trente ans plus tôt.
Ter-Ovanessian a publié plusieurs monographies et ouvrages scientifiques. Reste que l’ancien sportif, longtemps membre de la Fédération internationale d’athlétisme (ex-IAAF), n’était pas hostile au dopage s’il était maîtrisé et sous contrôle médical. En 2017 il affirmait que le dopage est-allemand n’aurait pas dû être condamné, car il était issu d’une « bonne pharmacologie ». Il n’est jamais revenu sur ces propos.