Cette affaire qui empoisonne le CIO
Cette affaire qui empoisonne le CIO Plus personne n'ignore l'affaire qui est venue mettre du piment dans des Jeux jusque-là trop
Cette affaire qui empoisonne le CIO
Plus personne n’ignore l’affaire qui est venue mettre du piment dans des Jeux jusque-là trop conformes à la tradition. Le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych a décidé que sa participation aux Jeux était conditionnée par le port d’un casque destiné à rappeler les athlètes ukrainiens morts aux champs d’honneur. Heraskevych entendait également rappeler que la Russie a envahi son pays il y a quatre ans et que quatre ans auparavant, il avait déjà lancé un message d’alerte. À l’époque le message était presque passé inaperçu… ou plutôt, le CIO ne l’avait pas sanctionné.
Cette fois, le CIO ne lui a pas donné l’autorisation de participer aux épreuves olympiques avec le fameux casque. Pourtant, l’organisation mondiale du sport s’est montrée magnanime en lui permettant de s’entrainer avec (photo).
Jusqu’au dernier moment, le CIO a ouvert la porte et Kirsty Coventry en personne a tenu à rencontrer le skeletoneur. Une attitude courageuse, car au lieu de se cacher derrière l’institution, la première présidente de l’organisation est allée essayer de convaincre l’athlète. Mais Heraskevych n’a pas infléchi sa position et la sanction est tombée. Il n’a pas été autorisé à disputer l’épreuve olympique.
Kirsty Coventry en a été profondément affectée. Elle a expliqué sa position : « J’ai estimé qu’il était vraiment important de m’entretenir avec lui directement et en personne. Les athlètes nous ont demandé de faire en sorte que certaines zones, comme l’aire de compétition, le podium et le village olympique, demeurent des espaces sûrs (elle avait négocié ce chapitre alors qu’elle dirigeait la commission des athlètes). Comment pouvions-nous garantir leur sécurité afin qu’ils ne soient pas sollicités pour utiliser l’aire de compétition ou le podium à des fins auxquelles ils n’adhéraient pas ?
Personne — absolument personne, et certainement pas moi – ne remet en cause le message. Ce message revêt une portée particulièrement forte. C’est un message empreint de recueillement. C’est un message porteur de mémoire. Il ne s’agit pas du contenu du message, mais bien, à strictement parler, du respect des règles et des règlements. Dans ce cas précis — celui de l’aire de compétition, nous devons être en mesure de garantir un environnement sûr pour chacun. Malheureusement, cela implique tout simplement qu’aucun message ne puisse y être autorisé.
Interrogé de nouveau ce matin en conférence de presse, Kirsty Coventry s’est montrée plus ferme encore : « vous connaissez tous le monde dans lequel nous vivons… Les athlètes nous ont fait savoir qu’ils ne veulent pas être instrumentalisés pour des choses qu’ils désapprouvent. C’est pourquoi ces règles existent : pour tenter de trouver un équilibre », a-t-elle expliqué.
Un nouveau débat sur la table
À titre exceptionnel, à l’issue d’un échange respectueux avec l’athlète, Kirsty Coventry a demandé à la présidente de la commission disciplinaire du CIO de reconsidérer le retrait de l’accréditation de Vladyslav Heraskevych pour les Jeux de Milan Cortina 2026, comme l’autorise le règlement. En conséquence, Vladyslav Heraskevych pourra rester aux Jeux, mais comme un spectateur « accrédité ».
Immédiatement, l’athlète a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux, considérant que l’organisation était rétrograde et qu’elle manquait d’humanité. Le président Zelinsky y est même allé de son couplet disant que cette décision faisait le jeu des Russes. Et si c’était tout le contraire ?
En voulant préserver l’ère olympique de tout message, politique, social ou religieux, le CIO ne fait pas que respecter un principe fondamental de neutralité. Il rappelle que les Jeux olympiques, c’est d’abord un lieu de rassemblement sportif mondial, un espace qui doit célébrer la paix, l’éducation de la jeunesse et l’égalité des genres. Un sentiment que résume l’ancien directeur marketing du CIO, Michael Payne, dans des déclarations à Reuters : « Si elle avait cédé à la pression, elle aurait ouvert la boîte de Pandore. »
En attendant, Heraskevych a remis une pièce dans le juke-box. Une fois encore, le CIO se retrouve assis entre deux chaises. : revendiquer d’être le plus grand rassemblement mondial et observer à distance les soubresauts du monde ou, au contraire, être la vitrine du monde et permettre la libre expression sur tous les sujets. C’est désormais aux membres du CIO de s’emparer du sujet et faire évoluer les règlements olympiques si nécessaire.
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