BEYAERT José (1925 –2005) France / Cyclisme
BEYAERT José (1925 –2005) France / Cyclisme 🟡1 🟠1 Sportif et bagarreur, José Beyaert se dirige d'abord vers la boxe. Mais il
BEYAERT José (1925 –2005) France / Cyclisme
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Sportif et bagarreur, José Beyaert se dirige d’abord vers la boxe. Mais il a une mauvaise vue et, très vite, il privilégie le vélo, le sport de son père, cordonnier, chez qui il apprend le métier. Doué, le cycliste à lunettes accède à la première catégorie dès l’âge de 18 ans. Dès lors, il compte faire du vélo son métier et s’entraîne s’arrache pied. Il doit travailler la nuit en région parisienne comme garçon de café pour gagner sa vie après le sport qu’il pratique en journée.
Fêtard, impulsif, il lui arrive de passer quelques nuits dans les postes de police. Ce sont ces incartades qui auraient pu le priver de participer aux Jeux de Londres 1948 car il est nécessaire de disposer d’un certificat de bonne conduite. Il intègre l’équipe de France par défaut, car les meilleurs coureurs français ont choisi de passer professionnels.
Il sait qu’il ne doit pas laisser passer sa chance. Une victoire lui ouvrirait les portes du professionnalisme. C’est ainsi qu’il se retrouve dans le groupe d’échappés lors du dernier tour et sous la pluie londonienne, il s’impose détaché (photo). Sa victoire associée aux résultats des autres coureurs français Alain Moineau et Jacques Dupont lui permet également de remporter une médaille de bronze par équipe.
La Colombie, l’autre vie
Il passe professionnel l’année suivante, mais ne connaîtra pas le succès. Individualiste, il ne respecte pas les consignes de ses entraîneurs et répugne à aider son chef de file. En fin de carrière, il participe au Tour de Colombie en 1952 et s’y impose enfin. Beyaert tombe alors amoureux du pays et s’y installe. Il devient entraîneur de la sélection colombienne. Son travail permettra l’émergence de coureurs de talent, mais, faute d’argent, l’embellie sera de courte durée.
Il ouvre alors un bar pour son épouse et crée une scierie où il exploite les bois précieux. Un nouveau revers de fortune l’oblige à franchir la ligne rouge. Beyaert participe alors au trafic de drogue entre la Colombie et la France. Il est même mêlé à des meurtres. Il rentre en France dans les années 1990, discrètement, et termine sa vie, plus au calme en 2005.
Le journaliste anglais Matt Rendell, a écrit une biographie sur le coureur français. Il aurait pu l’intituler « l’homme aux mille vies ». Il a préféré l’appeler « Olympic gangster ».
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