Un saut de cheval bien inutile
Un saut de cheval inutile et symptomatique On les appelait les Magnificent seven. Il s'agissait de l'équipe de gymnastique américaine vainqueur
Un saut de cheval inutile et symptomatique
On les appelait les Magnificent seven. Il s’agissait de l’équipe de gymnastique américaine vainqueur de la médaille d’or par équipe aux Jeux d’Atlanta 1996.
Parmi elles, Kerri Strug (1977), qui s’est blessée à la cheville lors de son premier saut de cheval. Mal informée du résultat final, la cheville strappée, la jeune gymnaste se prépare pour son deuxième saut, celui qui est censé rapporter la médaille d’or. Les États-Unis ont une courte avance sur la Russie et la Roumanie avant la dernière rotation.
Kerry Strug est une spécialiste du saut de cheval et l’équipe compte sur elle pour obtenir l’or olympique.
Sur les conseils de ses entraineurs, la jeune fille tente un deuxième saut. Elle réalise une prestation propre et obtient la note de 9,712, assurant ainsi la médaille d’or aux États-Unis. La légende est en marche ou presque… sauf que l’instant d’après, la jeune fille se tord de douleur (photo).
Le public, qui ne réalise pas l’accident, applaudit à tout rompre. Les Magnificent Seven viennent d’obtenir l’or.
Fin de carrière et polémique
Mais la réalité est bien plus glaçante. Kerry Strug vient d’effectuer sa dernière prestation sous le maillot américain. Blessée, elle ne pourra pas participer à la compétition individuelle. De plus, ce deuxième saut était inutile. Les États-Unis auraient gagné, quel que soit le résultat de sa deuxième tentative, sur la base des scores déjà enregistrés.
C’est alors que la polémique s’empare du moment de grâce. Une discussion animée débute parmi les observateurs sur les pressions exercées sur les jeunes gymnastes pour qu’ils continuent à performer malgré les blessures. Dans les années qui suivent, de nombreux incidents viendront conforter l’idée que quelque chose ne tourne pas rond au sein de la gymnastique américaine.
En attendant, l’image de Kerri Strug portée par son entraîneur, Béla Károlyi (photo ci-dessus) au moment du podium, est devenue l’une des images emblématiques des Jeux d’Atlanta 1996. Elle va effacer pour un temps la polémique.
Quant à Kerry Strug, elle mettra définitivement un terme à sa carrière gymnique juste après. Devenue pour un temps, l’héroïne des Jeux, elle renonce à de brillantes études pour participer des shows télévisés. Puis elle rentre au pays et devient institutrice. Après avoir déménagé pour Washington, elle rejoint la présidence des États-Unis, où elle s’occupe une fonction de médiatrice au sein du département justice.