Infantino passe à travers les mailles du filet

Infantino passe à travers les mailles du filet

Infantino passe à travers les mailles du filet… pour l’instant

La commission d’éthique du CIO a rejeté la plainte de l’ONG britannique de défense des droits humains FairSquare qui reprochait à Infantino une proximité trop affichée avec le président américain Trump. Mais deux nouvelles plaintes viennent d’être déposées et celle des démocrates américains dépasse le cadre du football.

 

À l’issue d’un communiqué laconique, un porte-parole du CIO a fait savoir auprès de l’Agence France-Presse que « chaque fédération internationale garde son indépendance et l’autonomie de sa gouvernance », pour justifier la décision de la commission d’éthique qui estime que le président de la FIFA n’a pas dérogé aux règles de la Charte olympique. La plainte, selon le CIO, est « hors de la juridiction ».

 

Le verdict n’a rien de surprenant au regard de la puissance de la FIFA et conforme aux prévisions du journal britannique « The Guardian » qui énonçait la décision quelques heures plus tôt.

Une proximité qui dérange

FairSquare avait saisi l’instance en raison des « violations répétées de la neutralité politique » de Gianni Infantino, qui régulièrement affiche sa proximité avec le président des États-Unis (photo). Or, le serment prononcé par la centaine de membres du CIO, dont fait partie l’Italo-Suisse, leur impose d’agir « indépendamment des intérêts commerciaux et politiques », une obligation d’ailleurs reprise par la Charte olympique.

En février, l’instance avait déjà écarté une première polémique sur la présence de Gianni Infantino au « Conseil de paix » convoqué par Donald Trump, coiffé d’une casquette rouge floquée « USA » et « 45-47 », référence aux deux mandats du dirigeant républicain.

 

Comble de la proximité affichée entre le président de la FIFA et celui des États-Unis, ce dernier militerait désormais pour voir Infantino devenir secrétaire général de l’ONU en lieu et place du Portuguais Antonio Gutteres, dont le mandat se termine en 2027.

Plainte de la fédération norvégienne

En décembre 2025, faute d’avoir obtenu le prix Nobel de la paix qu’il espérait, Trump avait reçu de Gianni Infantino un « prix de la paix » de la FIFA, à l’occasion du tirage au sort de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026.
Lors de la compétition, Donald Trump s’était vanté d’avoir appelé Gianni Infantino, avant que la FIFA ne lève, à la surprise générale, la suspension infligée à l’attaquant américain Folarin Balogun après un carton rouge.

 

Cette fois, c’est la présidente de la Fédération de Norvège de football, Lise Klaveness, qui annonce à son tour qu’elle allait porter plainte auprès de la commission d’éthique de la FIFA à propos de l’intervention de Donald Trump dans l’« affaire Balogun ». Cette plainte pourrait être jointe à une précédente saisine de cette commission, effectuée en juin dernier par cette fédération norvégienne et FairSquare concernant « la remise par la FIFA de son prétendu prix de la paix », a précisé la dirigeante.

… et des démocrates américains

Mais Infantino fait cette fois l’objet d’une nouvelle plainte et celle-ci dépasse le cadre du ballon rond. Elle vient d’être déposée par Jamie Raskin, le chef de la commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis. L’élu démocrate veut connaître la nature des liens entre la FIFA et Donald Trump.

 

Le chef de file des démocrates attend des précisions quant à des cadeaux, paiements et avantages accordés à Donald Trump et ses collaborateurs. Il exige également les registres des visiteurs des bureaux de la FIFA situés dans la Trump Tower que l’instance aurait acquis l’an dernier.

En parallèle, Gianni Infantino est invité à se soumettre à une audition. « Votre élection à la présidence de la FIFA était censée marquer une rupture nette avec des décennies de corruption. Au lieu de cela, vous avez démantelé les garde-fous éthiques de la FIFA », a écrit Jamie Raskin à Infantino, comme le relaie le journal britannique The Guardian.

 

Dans sa lettre, l’élu démocrate pointe aussi la politique de billetterie de la FIFA, qui fait l’objet d’enquêtes de plusieurs procureurs généraux américains. Le recours à la tarification dynamique a entraîné des hausses de prix considérables durant le tournoi, empêchant de nombreux supporters d’assister aux matchs. Il donne jusqu’au 9 août au président de la FIFA pour produire ces documents.

On est, cette fois, bien loin de l’affaire Balogun.

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