« Pas de dérapage budgétaire » selon les Sages
"Pas de dérapage budgétaire" selon les Sages Un peu plus d’un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024,
« Pas de dérapage budgétaire » selon les Sages
Un peu plus d’un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la Cour des comptes vient de produire le bilan définitif des célébrations. Selon les Sages de la rue Cambon, ils seraient bons.
Lors d’une première évaluation réalisée par la Cour des comptes en juin dernier, les Sages estimaient le montant des dépenses liées à l’organisation des jeux à 5,9 milliards d’euros. La facture vient d’être réactualisée. Elle est désormais plafonnée à 6,6 milliards.
Pourtant, la Cour des comptes estime qu’il n’y a pas eu de « dérapage ». Mieux même, les conseillers jugent « modeste à ce stade » l’impact économique de l’évènement.
La facture publique actualisée à 6,6 milliards d’euros se décompose en deux montants. 3,02 milliards ont été dépensés pour l’organisation, dont 1,44 milliard pour la seule sécurité de l’événement dans un contexte de tension politique internationale. 3,63 milliards ont servi à financer les infrastructures nécessaires, dont la plupart seront amorties dans le temps dans le cadre de l’héritage olympique.
À la première estimation faite en juin, ont été ajoutées les dépenses des collectivités territoriales ou bien encore celles engagées pour assurer la possibilité de se baigner dans la Seine en vue des épreuves de natation en eau libre et de triathlon.
Bataille de chiffres
L’an dernier à la même époque, le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici avait estimé que les Jeux allaient « coûter » entre 3 et 5 milliards d’argent public. Lors de sa communication lundi, l’ancien Commissaire européen aux finances évoque « l’incontestable réussite des Jeux ». Afin de faire passer plus encore le message, Moscovici parle de certes « forte mobilisation des finances publiques », mais tient à souligner « l’absence de dérapage budgétaire » et un coût public « contenu ».
Si on compare les dépenses par rapport à celles des Jeux de Londres 2012, la Cour des comptes « suggère que l’édition 2024 a été moins coûteuse pour les finances publiques dans un rapport d’au moins 1 à 2 ». Les Britanniques avaient estimé les dépenses publiques à 4,8 milliards d’euros. Ils ont dépensé 11 milliards.
En dépit de ce satisfécit, l’ancien président du COJOP, le comité d’organisation, Tony Estanguet, conteste ces chiffres. Il l’a d’ailleurs écrit à Moscovici, comme l’indique le journal Le Parisien.
« La Cour intègre, dans ce calcul, des recettes qui ne constituent pas un financement public lié aux Jeux de Paris 2024 ». L’exemple le plus flagrant serait, selon le Comité d’organisation, le financement et les travaux sur certaines lignes de métro, certes nécessaires à une meilleure desserte des transports pendant les Jeux, mais dont le projet avait été dessiné bien avant l’organisation. Ce point de vue est incontestable.
On précise que l’organisation des Jeux à proprement parler a coûté 4,4 milliards d’euros, entièrement financés par des capitaux privés. Le COJOP a même dégagé un excédent budgétaire. La gestion a été plébiscitée par le CIO.
Quoi qu’il en soit, le bilan définitif devrait rester dans ces eaux. Il reste à quantifier l’impact des « perturbations » occasionnées par l’évènement. Il s’agit principalement des « restrictions de circulation et d’accès dans les zones d’accueil des compétitions et des cérémonies ». Les commerçants installés dans ces zones d’accueil disent avoir subi d’importants préjudices avec une baisse d’environ 10% de leur chiffre d’affaires annuel. Toutefois, les Jeux de Paris 2024 devraient leur laisser quelques amertumes. La commission d’indemnisation a ouvert un guichet, mais ne leur laisse pas beaucoup d’espoir d’être entendus.