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44 ans plus tard, Denver rêve encore des Jeux

En 1976, Denver avait été choisi par le CIO pour organiser les Jeux d’hiver. La pression des écologistes à l’époque avait contraint la ville à devoir y renoncer. Pour la première fois, une ville désignée avait dû jeter l’éponge avant son terme. Finalement, c’est Innsbrück en Autriche qui avait récupéré la mise après avoir organisé de très beaux Jeux, douze ans auparavant.

 

Il y a plus de 50 ans (lors de la candidature en 1969), Denver promettait une neige abondante et un temps ensoleillé sur un secteur facilement accessible par la «super autoroute». Les promoteurs promettaient également des milliers de chambres d’hôtel supplémentaires et un tracé de ski de fond qui paraissait parfait sur le papier… mais qui aurait traversé les arrière-cours de certaines maisons. C’est ainsi qu’ils avaient séduit le CIO.
Las, ce beau plan s’est heurté aux questions inévitables, déjà à l’époque, sur l’impact environnemental et les coûts que représentaient un tel investissement.

Aujourd’hui, Denver se donne jusqu’au mois de mars 2021 pour se demander s’il faut représenter une candidature olympique pour les Jeux d’hiver de 2030.

 

La ville est à nouveau en croissance, avec un faible taux de chômage et une économie en plein essor. Elle dispose d’un aéroport plus grand, d’un train rapide, de plus d’hôtels et de plusieurs stades.
Mais l’autoroute annoncée en 1976 – l’Interstate 70, qui relie Denver aux Rocheuses – (notre photo) est restée essentiellement la même. Alors que la population du Colorado qui aime le plein air a augmenté, la route à quatre voies est souvent bloquée le week-end.

Le comité exploratoire olympique convoqué par le maire Michael Hancock – qui comprend des grands dirigeants d’entreprises réfléchit à des jeux financés par le secteur privé, estimés à 2 milliards de dollars. Les organisateurs disent que la stratégie pourrait même laisser l’État du Colorado avec un excédent pour financer des améliorations de l’Interstate 70 et d’autres travaux.

C’est ainsi que Denver fait face à la concurrence de Salt Lake City, qui est devenue la première ville américaine à annoncer son intention d’organiser les Jeux olympiques d’hiver de 2030. Salt Lake dispose des sites existants et dispose d’une expertise après avoir organisé les Jeux de 2002. Autre candidat potentiel, la ville de Reno dans le Nevada.

Dick Lamm en vieux sage

En attentant, un homme regarde ce projet avec intérêt. Il s’agit de l’ancien gouverneur démocrate du Colorado, Dick Lamm, dont la carrière politique a décollé après s’être opposé à la réalisation des Jeux olympiques en 1976. Aujourd’hui âgé de 85 ans, il garde un œil avisé. « Si Denver pouvait réussir, je ne suis pas sûr que la ville y gagnerait ».

Lamm pense que les officiels ont tendance à être séduits par le glamour des Jeux olympiques lorsqu’ils peuvent consacrer leur attention aux choses banales qui soutiennent l’économie, comme trouver de l’argent pour l’éducation et les routes. « Il y a de nombreuses opportunités pour faire de cet état un meilleur état, et je ne vois pas comment les Jeux olympiques s’intègrent dans cela », a-t-il déclaré.

Article rédigé avec le concours d’Associated Press

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