Les sports d’hiver entrent en résistance
Les sports d'hiver entrent en résistance Déjà opposées au retour des Russes et Biélorusses au sein de leurs compétitions, les Fédérations
Les sports d’hiver entrent en résistance
Déjà opposées au retour des Russes et Biélorusses au sein de leurs compétitions, les Fédérations internationales de sports d’hiver (WOF) ont qualifié de « propositions fragmentaires » l’idée du CIO d’intégrer des disciplines estivales au programme olympique d’hiver.
Les Fédérations internationales organisatrices des sports de neige et de glace traditionnels, comme la Fédération internationale de ski (FIS), de biathlon (IBF), de bobsleigh et tobogganning (FIBT), de luge (FIL), de patinage (ISU), de hockey sur glace (IIHF) et de curling (World curling) regroupées au sein de l’entité Winter olympic federations (WOF), se déclarent hostiles à l’ajout d’épreuves des fédérations de sports d’été à leur programme des Jeux olympiques d’hiver.
Il y a peu, on évoquait la possibilité pour le cyclo-cross et le cross-country, ainsi que des sports en salle, comme le basket, le volley et le handball, d’être proposés comme disciplines supplémentaires pour les Jeux olympiques d’hiver des Alpes françaises 2030.
Si le CIO voit ces propositions d’un bon œil permettant ainsi à des pays africains, généralement absents des Jeux d’hiver de participer à ces compétitions, ces propositions seraient inacceptables selon les fédérations internationales des sports d’hiver. « Les fédérations olympiques d’hiver sont fermement convaincues qu’une telle approche diluerait la marque, le patrimoine et l’identité qui font la singularité des Jeux olympiques d’hiver », déclarent-elles dans un communiqué.
Un camouflet pour la nouvelle direction
La présidente du CIO a lancé plusieurs pistes de réflexion et de travail depuis son arrivée à la tête de l’organisation mondiale du sport en juin dernier. Jusque-là toutes ont été accueillies avec intérêt et envie par l’ensemble des membres du CIO. Il semble que celle-là ne trouve pas d’écho favorable qu’auprès des WOF.
Si la résistance semble ferme, les fédérations des sports d’hiver restent néanmoins constructives et précisent : « Nous saluons les efforts du CIO pour poursuivre la modernisation des Jeux afin d’attirer de nouveaux publics et d’explorer des pistes dynamiques et pertinentes pour rendre le Mouvement olympique plus inclusif et plus durable. Les Fédérations olympiques d’hiver estiment toutefois que l’avenir des Jeux olympiques d’hiver ne sera pas mieux servi par des propositions fragmentaires, telles que l’intégration des disciplines non olympiques des Jeux d’été de la Fédération internationale d’athlétisme aux Jeux olympiques d’hiver».
Plus que la présidente du CIO, c’est le président de la Fédération internationale d’athlétisme (World athletics), Sebastian Coe, qui semble visé. Ce dernier disait récemment avoir discuté avec Coventry de l’éventuelle intégration du cross-country, entre autres disciplines aux Jeux d’hiver. Il pensait même l’affaire en bonne voie. Kirsty Coventry avait lâché qu’il pourrait s’agir « d’une belle opportunité ». Coe en profitait au passage pour saluer l’action de sa rivale à la présidence du CIO : « Elle a insufflé une nouvelle dynamique à l’organisation. »
De neige et de glace avant tout

En clair, les WOF veulent bien du changement, mais le leur, pas celui qui leur serait imposé par des fédérations de sports d’été dont le programme est trop chargé.
Le président des WOF, Ivo Ferriani, le précise même lorsqu’il dit que « l’innovation doit viser à faire évoluer les sports d’hiver existants afin d’attirer un public et une participation plus larges, tout en renforçant l’attrait des Jeux olympiques d’hiver ».
Il semble donc, selon l’organisation, que des sports de neige ou de glace, comme le ski alpinisme, en compétition à Milan-Cortina, le ski de vitesse, l’ice-cross (photo), le freeride, le télémark, l’escalade sur glace, voire le kitesurf sur neige, soient des disciplines préférables aux Jeux d’hiver plutôt que le cross-country ou le cyclo-cross.
Quoi qu’il en soit, le travail du groupe en charge des nouvelles disciplines aux Jeux olympiques planche sur le sujet et nous éclairera dans les prochains mois. On rappelle au passage que le programme hivernal compte 116 épreuves contre 329 aux Jeux d’été de Paris 2024, par exemple pour une même durée de compétition.