En cette rentrée, Ferrari siffle la fin de la récré

En cette rentrée, Ferrari siffle la fin de la récré La ministre des Sports, Marina Ferrari, appelle les organisateurs des Jeux

En cette rentrée, Ferrari siffle la fin de la récré

La ministre des Sports, Marina Ferrari, appelle les organisateurs des Jeux d’Alpes 2030 à régler les problèmes de gouvernance. Dans un entretien au journal « Dauphiné Libéré », elle invite ses dirigeants à faire plus et mieux pour que la France soit en mesure de réussir les Jeux olympiques d’hiver 2030. 

 

« Les équipes opérationnelles sont très investies et accomplissent un travail remarquable. Toutefois, nous souhaitons améliorer le climat social afin que chacun se sente à l’aise et puisse avancer. Je suis très attentive à ce point, car je tiens à ce que nous résolvions cette question de gouvernance. »

 

Après la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Amélie Oudéa-Castera, qui avait mis en cause le président du Comité d’organisation (COJOP), Edgar Grospiron, considérant qu’il n’avait pas tenu toutes les promesses engagées et qu’il avait écarté des collaborateurs compétents et maintenus en poste des personnalités peu fiables, cette fois, c’est la ministre des Sports qui se montre critique.

 

Elle considère que les deux personnalités en passe d’être recrutées pour assumer des tâches à responsabilités au sein du Comité exécutif (directeur des opérations et responsable de l’unité exécutive) ne sont pour l’heure pas adoptables. « Nous avons estimé ne pas disposer d’informations suffisantes pour nous prononcer sur les profils qui nous étaient soumis. Il est vrai que ce report a été perçu comme une difficulté supplémentaire », a indiqué la ministre des Sports.

Une gouvernance encore fragile

En juillet dernier, le comité exécutif a rencontré les parties prenantes — gouvernement, régions hôtes, comités olympiques et paralympiques — pour proposer la création des deux nouveaux postes. Il n’a pas obtenu de feu vert.

 

À l’époque, trois candidats étaient en lice pour chaque poste. Xavier Becker figurait parmi eux. Bien que Becker occupe le poste de directeur adjoint chargé des sites et de la livraison des événements au Comité international olympique (CIO), des médias ont rapporté qu’il était jugé en interne trop « proche » d’Edgar Grospiron, ou doté d’un profil trop « politique ».

 

Pour autant, Marina Ferrari indique que la communication avec les dirigeants des Alpes 2030 reste « fluide et constante » malgré les problèmes de gouvernance, ajoutant que « le projet avance bien et reste solide grâce à l’unité des parties prenantes ». La ministre des Sports a toutefois exprimé ses regrets quant à l’échec des tentatives de conciliation avec la ville de Nice, qui faisait partie du dossier de candidature initial pour l’accueil des Jeux.

« Cela restera l’un de nos plus grands regrets, car, contrairement à ce qu’a affirmé le maire de Nice, nous n’avons jamais eu l’intention d’écarter Nice du projet Alpes 2030. Une fois actée l’indisponibilité du stade Allianz Riviera, nous avons étudié toutes les autres options. Il est regrettable que Nice ait choisi de renoncer à un héritage aussi important pour le développement des sports de glace en France. »

C’est ainsi que Lyon a saisi l’occasion pour attirer les Jeux sur son territoire.

 

La capitale de la région Auvergne-Rhône-Alpes a officiellement repris l’organisation des épreuves de glace en salle en juin ; elle accueillera le curling, le patinage artistique, le hockey sur glace et le patinage de vitesse sur piste courte au sein de son pôle dédié. De l’autre côté du fleuve, dans la commune d’Oullins-Pierre-Bénite, la région va accélérer ses projets de renouvellement urbain pour héberger plus de 1 500 athlètes olympiques dans un village prévu à l’origine pour accueillir des résidences étudiantes, des espaces de coliving, des logements familiaux, des commerces et des services.

« Actuellement, le projet du pôle lyonnais mobilise énormément les équipes opérationnelles en amont de la visite de la commission de coordination du Comité international olympique, prévue mi-septembre (du 14 au 16, ndlr). Le CIO attend des réponses concernant l’organisation des épreuves de patinage à Lyon et dans sa métropole… Tout le monde collabore très efficacement », a confirmé Marina Ferrari.

Lyon opérationnelle à 200%

Trois fois, Lyon a essayé d’être la ville olympique. Les trois fois, l’échec avait été cuisant. Cette fois, la ville n’était pas candidate jusqu’à ce que Nice soit écartée après les gesticulations de son nouveau maire, Eric Ciotti.

 

Pendant que Nice se faisait prier, le maire de Lyon, Grégory Doucet (photo), a plaidé « le choix de la raison ». La Métropole promet d’être « moteur » et crée dès cette rentrée sa commission spéciale Alpes 2030. En recevant Edgar Grospiron à l’Hôtel de Ville cette semaine, le Maire de Lyon a voulu montrer qu’il était un acteur de ces Jeux.

Si la région Auvergne-Rhône-Alpes (RAA) siège au conseil d’administration, la ville de Lyon et la Métropole n’en font pas partie. Pourtant, la ville sera impliquée au-delà de la fourniture de ses sites sportifs. La police municipale, la voirie, la propreté seront à la charge de la ville. Nul doute qu’une partie des discussions ont porté sur ce point.

 

Détail amusant, Lyon, qui vient de subir cinq canicules cet été, sera la capitale des sports d’hiver 2030. Mais pour fabriquer de la glace en salle, c’est plus facile que créer de la neige en montagne. Et puis, la région est la première productrice d’électricité de France. Elle produit même deux fois plus qu’elle ne consomme. Aussi, produire de la glace en février n’effraie personne…

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