Dakar 2026 : la fièvre olympique gagne le Sénégal

Dakar 2026 : la fièvre olympique gagne le Sénégal Pour la première fois, l'Afrique s'apprête à recevoir un événement olympique avec

Dakar 2026 : la fièvre olympique gagne le Sénégal

Pour la première fois, l’Afrique s’apprête à recevoir un événement olympique avec les JOJ de Dakar 2026. Initialement prévus en 2022, mais reprogrammés en 2026 en raison de la pandémie de Covid-19, les Jeux olympiques de la jeunesse vont finalement avoir lieu cette année. Il est dommage que la crise économique qui secoue le pays gâche un peu la fête.

 

Le Sénégal a le « projet le plus solide ». C’est ainsi que le CIO avait décidé en 2018 d’attribuer les Jeux olympiques de la jeunesse à la terre de la Teranga, ce terme wolof qui signifie « hospitalité ». Les autres candidats : le Botswana, le Nigeria et la Tunisie avaient été relégués à leurs chères études. Mais quoi qu’il en soit, c’est un pays africain qui l’aurait emporté. D’ailleurs, l’ancien président du CIO, Thomas Bach, disait à l’époque : « Il est temps pour l’Afrique. L’Afrique est le berceau de nombreux athlètes olympiques éminents et qui ont réussi. L’Afrique est un continent de jeunesse ». C’est ainsi que le Sénégal va devenir le premier pays en Afrique à accueillir une manifestation olympique avec un slogan pacifique « l’Afrique, accueille, Dakar célèbre ».

 

Depuis plusieurs années, le pays met tout en œuvre pour être à la hauteur de l’événement. Car, même s’il ne s’agit que des Jeux olympiques de la jeunesse, le fait de se dérouler en Afrique pour la première fois après Singapour 2010, Nankin 2014 et Buenos Aires 2018, donne à la manifestation un relief sans équivalent.

Même si une génération d’athlètes, ceux qui auraient pu participer aux JOJ en 2022 a été sacrifiée, le Sénégal avait assurément besoin de ces quatre années supplémentaires pour affiner son projet olympique.

D’ailleurs, les dernières constructions nécessaires à l’organisation des quelque 25 sports olympiques, l’accueil des 2700 athlètes venus de 206 nations n’ont été achevés qu’il y a quelques mois, voire quelques semaines. Toutefois, l’investissement reste limité à l’aune d’un événement olympique. On parle de quelques centaines de millions d’euros contre 10 milliards pour des Jeux olympiques seniors.

Une flamme, un enthousiasme modéré

Si la flamme olympique qui a traversé les 14 régions administratives du pays avant de rejoindre le littoral et les villes de Saly (photo), Diamniodo et Dakar où sont organisées les épreuves suscite un vrai élan d’enthousiasme auprès des jeunes populations (vidéo ci-dessous), leurs parents sont moins enclins à faire la fête.

 

Pour la population du Sénégal, les préoccupations sont d’un autre ordre. Une grève générale est prévue mercredi en raison d’un contexte économique difficile. Toutefois, l’organisation des Jeux ne devrait pas en souffrir, puisque l’objectif des organisations syndicales est d’éviter toute perturbation pendant toute la durée des Jeux. Selon eux, les JOJ sont une « cause nationale ».

 

La dette du pays a atteint 132 % du produit intérieur brut fin 2024, dont l’ancien président Macky Sall a « caché » l’existence. Le nouveau président, Bassirou Diomaye Faye, a conclu le 1er septembre un accord de financement avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois pour assainir les finances publiques du pays.

 

Autant dire que les JOJ arrivent presque à point pour aider le pays à se libérer de cette épée de Damoclès. La capacité à montrer l’enthousiasme de sa jeunesse, la qualité de son organisation, les capacités de ses services hôteliers, de restauration, ses services peuvent assurer des « retombées immédiates » indique Djirèye Clotilde Coly, la ministre des Sports du pays. De plus, le Sénégal peut bénéficier d’une plus grande confiance des investisseurs étrangers. On le voit, les JOJ de Dakar 2026 sont importants pour le pays qui mise sur l’économie du sport pour montrer son savoir-faire.

La ministre, spécialiste des questions économiques, le dit avec force : « c’est toute une économie du sport qui sera développée et on sait ce que représente aujourd’hui l’économie du sport. C’est aussi notre capacité en tant que pays à organiser de grands évènements. C’est-à-dire qu’à partir de cet évènement, nous pourrons prétendre accueillir de très grands évènements et nous savons ce que ces évènements rapportent », a-t-elle justifié.

 

Après les Jeux olympiques de la jeunesse, le Sénégal accueillera en 2031 un autre rendez-vous majeur avec les Jeux de la francophonie. C’est pour le Sénégal, une façon de tester la capacité de l’Afrique à accueillir de grands événements.

 

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