Alpes 2030 : une grosse épine dans le pied
Alpes 2030 : une grosse épine dans le pied Organiser les Jeux d'hiver 2030 dans les Alpes françaises semble loin d'être
Alpes 2030 : une grosse épine dans le pied
Organiser les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises semble loin d’être une sinécure. L’élection à la mairie de Nice d’Eric Ciotti, opposé au choix des infrastructures devant accueillir les sports de glace, risque de compliquer la tâche d’un comité d’organisation déjà affaibli par une crise de gouvernance.

Eric Ciotti, Christian Estrosi, Renaud Muselier, trois acteurs qui n’ont pas la même vision du projet
Au lendemain de l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice, le président de la région PACA, Renaud Muselier qui préside également la Solideo, la société de construction des ouvrages olympiques, n’a pas usé de la langue de bois pour dire que la ville, capitale des sports de glace en 2030, pourrait perdre les Jeux.
Négociée avec l’ancien maire Christian Estrosi, la participation de la ville de Nice à l’organisation des Jeux d’hiver devient de plus en plus hypothétique. Muselier dit déjà envisager un « plan B ». Il ne dit pas lequel, le temps de mettre Ciotti à la raison, mais la pression sur le nouvel édile niçois est déjà évidente.
Ciotti n’est pas opposé à ce que Nice accueille les Jeux, mais le projet qui consiste à construire une nouvelle patinoire et l’aménagement du stade de l’Allianz Arena en deux patinoires pour organiser le tournoi olympique de hockey sur glace ne lui convient pas. « Si je suis élu maire, ça ne se fera pas comme ça ».
Muselier lui répond aujourd’hui. « Je n’hésiterai pas à tout changer s’il le faut ». «J’ai eu M. Ciotti lundi au téléphone. Nos équipes verront les siennes la semaine prochaine et il y a la nécessité de prendre une décision entre son projet et le nôtre. Le nôtre est validé par les fédérations internationales et le CIO, pas le sien», a-t-il ajouté.
Un dossier éminemment politique
Nice est l’un des quatre pôles de l’organisation, mais c’est celui qui doit générer la plus grosse recette de billetterie (60%). Elle concentre les épreuves de hockey sur glace, le patinage artistique, le short-track et le curling, quatre des sept sports olympiques. De plus, c’est sur la Baie des Anges qu’est prévue la cérémonie de clôture.
Jusque-là, le hockey est prévu au stade de l’Allianz Riviera afin d’y aménager un toit provisoire et deux patinoires pour les tournois. Le village olympique serait construit à proximité. Une nouvelle patinoire pérenne est à construire. Elle abritera le patinage artistique.
Ce que conteste Ciotti, c’est le réaménagement du stade qui priverait l’OGC Nice de terrain pour ses rencontres de football. Il a d’ailleurs le soutien du président du Gym, Jean-Pierre Rivière.
Mais ce n’est pas tout. Ciotti s’oppose également à la nouvelle patinoire et à l’emplacement du village olympique. Il souhaite réaménager le Palais des expos du centre-ville en palais des sports pour le patinage artistique et construire le Village olympique tout à côté sur le terrain d’une ancienne caserne de pompiers. Quant au hockey, il ne propose rien.
Bref, le nouvel élu nationaliste veut tout casser alors que déjà le temps presse. La carte des sites définitifs doit être adoptée en juin prochain. Le sujet sera au centre des discussions du comité exécutif du CIO, le 20 avril prochain.
Le COJOP pris entre le marteau et l’enclume
Déjà confronté à une crise de gouvernance où trois cadres de l’organisation ont quitté le navire, le président du COJOP, Edgar Grospiron (photo aux côtés de Renaud Muselier) va devoir se faire de nouveaux cheveux blancs. En plus des difficultés de financement, Grospiron subit l’égo des politiques qui ne lui offrent aucun répit.
C’est sans doute ce qu’avait fortement pressenti Martin Fourcade quand il a renoncé à prendre la tête de l’organisation.
Aujourd’hui, une nouvelle incertitude plane sur les Alpes 2030. La véritable capitale des Jeux, Nice sera-t-elle toujours de la partie ? Faut-il envisager un nouveau cluster pour les sports de glace ?
Lyon dispose à l’évidence de cet atout, mais l’équilibre géographique entre les deux régions organisatrices s’en trouverait bouleversé. C’est tout le problème de ce dossier qui repose sur une coalition politique, territoriale et financière instable. Une fois encore le dossier s’en trouve fragilisé.
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