Le fragile équilibre du budget d’Alpes 2030
Le fragile équilibre du budget d'Alpes 2030 L'instabilité politique de la France risque de poser des problèmes aux organisateurs des Jeux
Le fragile équilibre du budget d’Alpes 2030
L’instabilité politique de la France risque de poser des problèmes aux organisateurs des Jeux d’hiver d’Alpes françaises 2030. Le budget de l’événement n’est pas stable et le projet de loi olympique n’est toujours pas sur le bureau de l’Assemblée nationale. Même si la tâche des organisateurs n’est pas une sinécure, ces derniers entendent garder le cap.
Il est un rapport qui met l’accent sur le fragile équilibre du budget des Jeux d’hiver d’Alpes 2030. Ce rapport réalisé par l’Inspection générale des Finances a été mis sous le tapis compte tenu des bouleversements dans le pays. La France vient de connaître son cinquième Premier ministre en à peine 18 mois. Ce rapport met en avant le fait que le budget dessiné par le COJOP serait bien trop optimiste, comme le révèle France Culture.
C’est ainsi que, lors de la présentation du dossier français, le budget était de l’ordre de 2 milliards d’euros. Or, d’ores et déjà, ce budget serait aujourd’hui de 2,2 milliards d’euros, soit 10% de plus. En fait, la provision pour aléas aurait été minorée. Rien de grave, si ce n’est que la part financée par l’argent public semble trop importante. Les inspecteurs des finances estiment que 725 millions seront nécessaires pour boucler le budget. Or, jusque là, l’état s’est engagé sur une somme de 362 millions et les deux régions (PACA et AURA) paieraient 100 millions. Autrement dit, il manque plus de 45% de financement public.
Le COJOP sous pression
L’objectif du Comité d’organisation est d’aller chercher 531 millions d’euros de sponsoring. La tâche serait plus facilement réalisable si le pays n’avait organisé les Jeux olympiques d’été en 2024.
Aujourd’hui, les sponsors potentiels sont rincés et nombre d’entre eux hésitent à remettre au pot. Dans un contexte économique difficile, les partenaires potentiels risquent de faire attendre les organisateurs avant de se décider.
Quant aux recettes de billetterie, là encore, il va falloir patienter pour voir si le public sera aussi enthousiaste que pour Paris 2024. Les organisateurs espèrent vendre 2 millions de billets.
Restent enfin les sites à aménager, comme la réhabilitation du Fort Vauban de Briançon, classé monument historique, le choix du lieu des épreuves de ski paralympique après le renoncement de Méribel, l’aménagement ou non du palais Nikaïa de Nice, celui du stade de l’Allianz arena qui doit accueillir le hockey sur glace, le lieu de la Cérémonie d’ouverture qui n’est pas encore choisi, les aménagements du tremplin de saut à ski de Courchevel, celui de la piste de bobsleigh de La Plagne, notamment.
En attendant, le temps ne s’arrête jamais et plusieurs dossiers ne sont pas traités, à commencer par le projet de loi olympique, déterminant pour faciliter l’organisation des Jeux d’hiver 2030. Malgré cela, le COJOP ne panique pas. « En réalité, quand on regarde les différents sujets, il y a peu d’incertitudes », assure le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), Fabrice Pannecoucke.
Edgar Grospiron, le président du COJOP, est de cet avis : « Notre projet est moins soumis aux turbulences politiques du moment, car il est fortement porté par le président de la République et soutenu par les régions. Les difficultés du moment ne nous empêchent pas d’avancer. Le point de passage pour entrer dans une phase active, ce sont les Jeux de Milan cet hiver. On sera au rendez-vous ».