Pas de long fleuve tranquille pour la flamme
Pas de long fleuve tranquille pour la flamme olympique À presque 20 jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Milan-Cortina,
Pas de long fleuve tranquille pour la flamme olympique
À presque 20 jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina, la flamme olympique poursuit son voyage en Italie. Si elle suscite le plus souvent de l’enthousiasme auprès des populations, elle est aussi à l’origine de polémiques dont le Comité d’organisation se serait bien passé.
Ce qui aurait dû être une simple célébration de fierté nationale s’est transformé en source de tensions, exacerbées par de récentes polémiques. La sélection des 10 001 porteurs de la flamme provoque des réactions exacerbées, notamment de la part de personnalités du sport italien. La plupart estiment que les grands champions des époques précédentes n’ont qu’une présence symbolique.
C’est la publication des 10 001 porteurs de flamme qui a suscité les réactions négatives des derniers jours. Comme toujours, la liste représente un éventail de personnalités sportives, certes, mais aussi des acteurs, des musiciens, des bénévoles, des artistes, des personnalités des médias et des membres des communautés locales et internationales.
Le premier à ouvrir la polémique est un ancien champion olympique, médaillé d’or olympique du relais 4 x 10 km à Lillehammer en 1994, Silvio Fauner (photo). Dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport, il a déploré que ni lui ni d’autres champions n’aient été invités à participer à une quelconque initiative liée aux Jeux, que ce soit comme porteurs de la flamme ou ambassadeurs.
Fauner n’exprimait pas simplement un grief personnel. Ses propos faisaient écho à une frustration plus générale parmi les médaillés olympiques. Beaucoup remettent en question la priorité accordée aux influenceurs, aux célébrités de la télévision, et même à des choix inattendus, comme L’uomo gatto (Gabrielle Sbatella), une personnalité bien connue du petit écran italien.
Ce dernier aurait été choisi par le sponsor du relais, Coca-Cola. La flamme olympique a d’ailleurs effectué un parcours exceptionnel la semaine dernière au sein de l’usine Coca-Cola de Gaglianico. Cette ancienne usine d’embouteillage est désormais une installation ultramoderne capable de recycler 30 000 tonnes de PET (polyéthylène téréphtalate) par an en bouteilles 100 % recyclées.
Alice Bellandi, la judoka italienne championne olympique à Paris 2024 connue pour ses prises de position LGBT, et Giovanni De Gennaro, champion olympique de kayak à Paris 2024, ont soutenu Fauner et affirmé que « les valeurs olympiques seraient mieux représentées par les athlètes que par d’autres personnalités ».
Le gouvernement sous pression
Lors du relais de la flamme de Paris 2024, des personnalités pour le moins curieuses avaient également pris place dans le relais, mais aucun ancien champion n’avait exprimé de frustration. Preuve que les organisateurs de Paris 2024 avaient mieux fait le travail que leurs confrères italiens.
D’ailleurs, face à la pression publique croissante, le ministre des Sports et de la Jeunesse, Andrea Abodi, s’en est ému. Il est intervenu et a exigé des éclaircissements de la part des organisateurs et du Comité national olympique italien. « Les légendes du sport doivent être tenues en haute estime », a déclaré le ministre, admettant être « quelque peu surpris » par la faible visibilité accordée aux figures historiques des sports d’hiver italiens.
Un nouveau rebondissement est venu s’ajouter à cette saga : l’acteur Massimo Boldi, initialement prévu pour porter la flamme à Cortina le 26 janvier, a été écarté. Il a été retiré de la liste après une interview accordée à Il Fatto Quotidiano, au cours de laquelle une plaisanterie a été jugée vulgaire et contraire aux principes olympiques. Le vieil acteur de 80 ans y affirmait ne jamais pratiquer aucun sport, sinon « la figa », un terme trivial (la chatte) pour évoquer la sexualité.