Le réaménagement de Victoria Park ne convainc toujours pas
Le réaménagement de Victoria Park ne convainc toujours pas Le Queensland vient de dévoiler les nouveaux plans conceptuels du complexe olympique
Le réaménagement de Victoria Park ne convainc toujours pas
Le Queensland vient de dévoiler les nouveaux plans conceptuels du complexe olympique de Brisbane, qui prévoit le stade olympique et le centre nautique au cœur de la ville dans le parc Victoria. Si le gouvernement y voit un projet destiné aux futures générations, les critiques y voient une « vision fantaisiste ».
Face à des opposants toujours aussi actifs, le gouvernement du Queensland a publié de nouvelles images conceptuelles du parc paysager destiné à entourer le stade olympique de 2032, ainsi que le centre nautique. Il cherche ainsi à apaiser les inquiétudes concernant la perte du plus grand espace vert du centre-ville de Brisbane.
Cependant, les opposants à ces projets — qui entrent désormais dans la phase préliminaire de construction — visant à bâtir le stade olympique à Victoria Park qualifient ces images de « vision fantaisiste » dépourvue de détails. Ils déplorent aussi l’absence de prise en compte des besoins probables en matière de stationnement, de routes, de liaisons de transport et d’esplanades pour accueillir les foules.
Le gouvernement affirme que son plan préservera les deux tiers de Victoria Park en tant qu’espace vert, après la construction d’un stade de forme ovale de 63 000 places et d’un nouveau centre aquatique national.
L’amendement du projet initial
L’avant-projet du site et les images conceptuelles présentent deux passerelles piétonnes enjambant la voie de contournement du centre-ville de Brisbane, une route qui sépare la majeure partie du parc des quartiers d’affaires de Brisbane.
Le projet propose également d’inonder l’espace actuellement occupé par des terrains de football pour agrandir une zone humide, située sur le site, ainsi que de construire un amphithéâtre public près du stade.
Le gouvernement fait remarquer que le parc deviendrait plus accessible qu’il ne l’est aujourd’hui.
« Ce complexe, appelé à transformer l’État, incarne l’héritage : il s’agit de créer un espace public de classe mondiale dont les habitants du Queensland profiteront pendant des générations, bien après que la flamme olympique se sera éteinte », a déclaré dimanche le Premier ministre, David Crisafulli.
Ce parc, classé au patrimoine et connu sous le nom de « Barrambin » par les anciens propriétaires traditionnels, les Premières Nations, fait l’objet de controverses en tant que site du stade principal des Jeux olympiques de 2032. Il a connu de nombreux usages (réserve autochtone, dépôt d’ordures, terrain de golf) avant de devenir le poumon vert de Brisbane.
Les opposants ne désarment pas
Ce parc est très important pour les Premières Nations. Il a servi de campement à 1 500 autochtones tout au long du 19e siècle, avant d’être envoyé de force dans les missions. Les Aborigènes y sont revenus vivre lorsqu’ils ont été autorisés à quitter les missions au 20e siècle.
C’est dans ce sens que le groupe des Premières Nations a engagé une action en justice contre le projet de réaménagement dès l’année dernière. Il demande au gouvernement fédéral une protection juridique permanente du parc, en vertu de l’article 10 de la loi sur la protection du patrimoine aborigène et insulaire du détroit de Torres.
Outre les inquiétudes locales concernant la perte d’espaces verts et les préoccupations des Premières Nations quant aux dommages causés à un site d’importance culturelle, Victoria Park présente également des défis logistiques et géographiques.
Les détracteurs des projets de l’État affirment que ces plans semblaient conçus sans toutefois prendre en compte plusieurs facteurs clés. Sue Bremner, porte-parole du collectif « Save Victoria Park », a déclaré que ces représentations « trompeuses » du gouvernement visaient à détourner l’attention du public sur l’explosion du budget des Jeux olympiques.