Modi veut les Jeux « quoi qu’il en coûte »
Modi veut les Jeux "quoi qu’il en coûte" L'inde a fêté samedi les 80 ans de son indépendance. L'occasion pour son
Modi veut les Jeux « quoi qu’il en coûte »
L’inde a fêté samedi les 80 ans de son indépendance. L’occasion pour son Premier ministre, Narenda Modi, de détailler la feuille de route qu’il impose au pays pour les prochaines années. Dans son discours très offensif, le sport et l’accueil des Jeux olympiques en 2036, constitue une priorité.
Pour la treizième fois depuis son accession au pouvoir en 2014, Narenda Modi s’est adressé au pays le plus peuplé au monde. En ce 15 août, il ne s’est pas contenté d’évoquer le détail des progrès réalisés par le pays, mais ce que le pays devrait construire désormais.
Le PM appelle de ses vœux un horizon qu’il fixe à 2047 et qu’il appelle « Viksit Bharat » (l’Inde développée). Au delà de l’ambition économique qui place l’Inde désormais au septième rang mondial, Modi a évoqué la sécurité énergétique, la technologie, l’industrie et le rôle qu’il entend donner à la Gen-Z, celle qui doit se préparer à prendre le pouvoir désormais.
Mais rapidement, Modi est venu à ce que l’Inde entend privilégier, d’ici 2036, l’accueil des Jeux olympiques à Ahmedabad. J’ai toujours dit : « Ceux qui jouent s’épanouissent. » L’inde entend désormais briller sur la scène sportive mondiale. « L’hymne national de l’Inde résonne désormais sur les podiums sportifs, et le drapeau tricolore flotte fièrement », a-t-il martelé.
De gros déficits à combler
Un discours qui mérite d’être replacé dans le contexte du sport international. Lors des derniers Jeux de Paris 2024, l’Inde n’a obtenu aucun titre olympique et seulement sept médailles. Le pays le plus peuplé du monde se situe au 77e rang mondial. Si, pour obtenir les Jeux, disposer de la plus forte population mondiale et d’un niveau économique confortable peut aider à leur obtention, disposer de sportifs de haut niveau dans de nombreux sports est également essentiel. L’Inde progresse certes, mais il reste énormément de travail à faire pour briller dans de nombreux sports et c’est aujourd’hui très loin d’être le cas.
Le Premier ministre est d’ailleurs lucide. « Les Jeux olympiques organisés à travers le monde comprennent une quarantaine de disciplines sportives et environ 325 à 350 épreuves. Il vous peinera sans doute d’apprendre, chers compatriotes et jeunes amis, que l’Inde ne participe même pas à près des deux tiers de ces 325 épreuves. Nous sommes absents ; nous ne parvenons pas à nous qualifier. Je vous lance un défi, je fais appel à vous et je sollicite votre soutien : nous avons décidé que nous voulions que les Jeux olympiques de 2036 se tiennent en Inde. Or, pour 2036, dans ces épreuves où l’Inde ne concourt pas aujourd’hui, où elle ne se qualifie pas ou dont elle s’est tenue à l’écart, un immense potentiel — les trois quarts du champ des possibles — nous attend. »
Le prix à payer pour cette détermination
Modi le dit clairement, l’Inde doit se concentrer sur l’ouverture à de nouveaux sports et à la détection des talents, et cela dès l’âge de cinq ans. Selon le Premier ministre, les filles seront particulièrement visées par cela. « Une fois identifiés, ces enfants bénéficieront d’un entraînement spécialisé pour devenir des athlètes accomplis, capables de représenter le pays. » Voilà pour le discours.
Notons par ailleurs que le pays a engagé de gros moyens dans l’organisation de compétitions (elle accueillera les Jeux du Commonwealth en 2030), dans la construction d’infrastructures sportives, dans l’encadrement des athlètes, dans la médecine du sport et la nutrition sportive. Mais attention au revers de la médaille.
Le pays a tendance à vouloir brûler les étapes. D’ores et déjà, l’Inde est placée dans la liste rouge des pays où le risque de dopage est jugé « extrêmement élevé », selon Athletics Integrity Unit (AIU) le gendarme mondial du dopage en athlétisme.
Mais il n’y a pas que l’athlétisme qui est concerné, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’Agence mondiale antidopage (AMA) place en 2025 l’Inde au premier rang des cas de dopage, pour la troisième année consécutive.
Pour obtenir les Jeux en 2036, il va falloir faire mieux, et même beaucoup mieux !