L’OLYMPISME, UNE HISTOIRE VIEILLE DE 3000 ANS
Le mouvement olympique d’origine n’avait aucune mesure avec celui d’aujourd’hui. À l’origine, les Jeux étaient liés aux rites religieux de la Grèce antique. Selon le grand poète grec Pindare, c’est Héraklés, le fils de Zeus, qui, pour honorer son père après une retentissante victoire, aurait décidé de la création des Jeux. Voilà pour la légende.
À la vérité, les Jeux de l’antiquité ont réellement commencé en 884 av. J.-C. Le roi de l’Élide, la région d’Olympie, Iphitos décide de créer un festival en l’honneur de Zeus. Il le fait dans l’intention d’enrayer l’épidémie de peste et les guerres qui ravagent son royaume. Il croit ainsi pouvoir calmer la colère des Dieux. Il établit alors la trêve sacrée.
L’idée survit à son créateur, puisque des rencontres sportives débutent en 776 avant J.-C et sont organisées tous les quatre ans pendant plus de onze siècles jusqu’à ce que l’empereur byzantin Théodose vient à abolir toutes compétitions en 393 de notre ère.

Il faudra alors attendre un peu plus de 1500 ans pour que l’idée de la réhabilitation des Jeux olympiques soit formulée et que Pierre de Coubertin la réalise.
Coubertin réhabilite les Jeux olympiques lors d’un Congrès olympique à la Sorbonne à Paris en 1894. Rapidement, le mouvement olympique naissant rassemblera des Comités nationaux olympiques (CNO), puis des fédérations internationales afin de constituer la « famille olympique ».
Depuis, cette «famille olympique» s’est élargie à travers l’histoire à de nombreuses personnalités, politiques ou non, aux parraineurs et sponsors et à tous ceux qui ont un jour cherché volontairement ou non à influencer ou conduire le mouvement olympique. Au fond, s’il fallait résumer l’histoire des Jeux, on pourrait dire que derrière la fête des peuples et de la jeunesse voulue par Pierre de Coubertin, des démons comme la politique, le dopage, le professionnalisme, la commercialisation ou le gigantisme ont failli à plusieurs reprises avoir raison de cette belle idée.
Veiller à rester maître du jeu
À l’origine, le mouvement olympique tout entier et son instance suprême, le CIO, étaient soucieux d’indépendance et ont veillé à ce que la politique internationale n’interfère pas dans leurs activités. Mais entre cette noble théorie et la réalité, les actes sont souvent contraires. Le CIO et les villes organisatrices ont besoin des états pour soutenir leur projet. Il est donc tout naturel que les états et leurs chefs cherchent à influencer la vie du mouvement olympique.
Il en est ainsi depuis l’origine des Jeux, les incidents politiques jalonnent l’histoire. Des Jeux ont été annulés pour fait de guerre, d’autres ont été boycottés par telle ou telle nations pour protester contre des actes de politiques internationales, des attentats y ont été commis et ils ont même été perturbés par une pandémie mondiale.
Célébrer la quinzaine olympique coûte cher. Les hôtes olympiques doivent trouver les moyens de célébrer la manifestation. C’est ainsi que les états participent largement aux dépenses engagées, notamment pour les infrastructures sportives, les transports et plus encore aujourd’hui, pour la sécurité.
Par ailleurs, le monde moderne a fait naître des phénomènes qui jadis semblaient limités. Ainsi, le phénomène du dopage concerne aujourd’hui tous les sports et tous les athlètes. Une instance internationale est chargée de le surveiller et le combattre.
Il s’agit de protéger la santé des athlètes, respecter l’éthique médicale et assurer l’égalité des chances de tous les sportifs pendant la durée de la compétition.
Ajoutons que si les hôtes olympiques dépensent autant de milliards pour célébrer les quinzaines olympique et paralympique, c’est en raison de l’importance de l’événement qui rassemble plusieurs milliards de passionnés. Les Jeux sont aujourd’hui devenus le plus grand événement du sport mondial. Du coup, ils génèrent d’énormes bénéfices pour le CIO. Pourtant, l’organisation est généreuse. Elle ne conserve que 10 % de ses revenus, le reste alimente le sport international à travers les Fédérations internationales, les Comités nationaux olympiques et la solidarité olympique.
C’est au tournant des années 1980 que les Jeux ont pris un tel essor. Ils y sont parvenus grâce à la télévision, qui retransmet dans le monde entier les compétitions et qui paie au CIO des milliards de royalties pour avoir accès au spectacle. Ajoutons que de grandes firmes internationales cherchent à accoler leur nom aux anneaux olympiques. Ces consortiums dépensent pour cela plusieurs centaines de millions de dollars en quête d’une reconnaissance mondiale.
Malgré l’argent, la politique, le dopage et parfois le gigantisme, les Jeux olympiques restent un événement extraordinaire. Mais on doit rappeler en conclusion que, sans la volonté, la vision et l’influence de grands présidents du CIO, les Jeux olympiques auraient sans doute disparu.