Suisse 2038 toujours en proie aux doutes

Suisse 2038 toujours en proie aux doutes Après avoir reçu l'aval du Conseil fédéral, la Suisse est désormais fortement engagée dans

Suisse 2038 toujours en proie aux doutes

Après avoir reçu l’aval du Conseil fédéral, la Suisse est désormais fortement engagée dans l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2038. Toutefois, avant que le CIO se prononce en 2027 sur l’opportunité d’offrir les Jeux à l’état fédéral, le pays n’en a pas fini de son chemin de croix institutionnel. 

 

Après l’approbation gouvernementale et le chèque de 200 millions d’euros de l’état fédéral en faveur d’une candidature du pays aux Jeux d’hiver de 2038, voilà que le pays entre dans une phase plus délicate. Elle devra transformer le soutien institutionnel, territorial et privé en garanties suffisantes pour convaincre le Comité international olympique (CIO) avant fin 2027, date butoir qui marque la fin du dialogue privilégié. Durant cette phase, le CIO autorise la Suisse à développer son projet en tant qu’interlocuteur unique pour cette édition des Jeux d’hiver.

L’état, droit dans ses bottes

S’agissant de la candidature suisse en 2038, le gouvernement fédéral suisse vient de définir les grandes lignes de son engagement dans le projet. La consultation ouverte en début d’année a révélé un large soutien, tout en définissant les limites politiques du projet. Sur les 120 contributions reçues, 103 étaient favorables à l’organisation des Jeux en Suisse. Toutefois, nombre d’entre elles conditionnaient leur soutien à des garanties concernant le financement public, les responsabilités territoriales, la sécurité et les normes environnementales.

Les principaux arguments positifs mettent en avant le développement du sport, la cohésion sociale, l’inclusion et l’utilisation des infrastructures existantes, tandis que les contributeurs sceptiques mettent en garde contre d’éventuels dépassements de coûts, l’impact environnemental et un manque de légitimité démocratique.

 

Sur ce dernier point, le Conseil fédéral ne souhaite pas de référendum national, estimant que le budget du pays (200 millions d’euros) ne le nécessitait pas. Trois partis politiques, l’Union démocratique du centre, le Parti socialiste et les Verts contestent cette interprétation et réclament un vote national.

Le financement comme pierre d’achoppement

La candidature suisse propose un modèle de pays hôte, plutôt qu’un modèle centré sur une seule ville ou région hôte. C’est là la grande différence par rapport à tous les projets de Jeux d’hiver jusque-là. D’abord sceptique sur ce principe, le CIO a fini par y voir une opportunité. Celle de limiter les constructions ex nihilo pour privilégier les équipements déjà existants. C’est en partie ce modèle qui a été expérimenté lors des Jeux de Milan – Cortina 2026, voire d’Alpes 2030.

 

Pour l’accueil des Jeux en 2038, la Suisse prévoit un budget total de 2,2 milliards de francs suisses (2,38 milliards d’euros), dont 82 % proviendraient de sources privées. La contribution fédérale de 200 millions de francs suisses serait destinée à cofinancer les Jeux paralympiques, à réduire le coût des transports publics pour les spectateurs, à couvrir une partie des frais d’organisation et à constituer une réserve pour imprévus.

Quoi qu’il en sooit, le gouvernement fédéral suisse entend ne pas assumer la moindre responsabilité en cas de déficit. Il exige par ailleurs des cantons et des communes concernées une contribution au moins équivalente à la sienne.

 

Les cantons et les communes engagées dans le projet olympique peuvent être en partie rassurés par ces entreprises nationales qui jouent le jeu, comme l’entreprise de télécommunications Sunrise et le groupe technologique ABB. Avant eux, la marque d’équipement sportif On était de l’aventure.

Néanmoins, les cantons attendent davantage. Ils souhaitent une gouvernance claire et une stratégie nationale assortie d’objectifs écologiques, sociaux et économiques précis.

Des questions institutionnelles encore sans réponse

Les communes pressenties pour accueillir le projet partagent cette position. Engelberg, Lenzerheide et Zurich ont averti que les risques financiers et les charges d’investissement supplémentaires ne doivent pas être reportés sur leurs budgets.

On le voit si des questions institutionnelles restent à régler, le projet semble bien engagé.

 

Quoi qu’il en soit, si des doutes affectent encore la Suisse à l’heure où la route pour 2038 semble ouverte, il est un Helvète qui lui ne craint rien. Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux olympiques l’a dit dans une interview accordée au journal suisse « le Temps ». «Le CIO ne craint pas un référendum au sujet des JO 2038 en Suisse» a-t-il dit si toutefois, le pays devait en passer par là.

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