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Un public étranger fort peu désiré

On arrive au bout du délai que s’était fixé les organisateurs japonais de Tokyo 2020 quant à savoir si le public étranger serait ou non autorisé à assister aux Jeux. La réponse était attendue fin février, début mars, il va falloir désormais trancher… et pourtant le CIO demande encore un peu de patience.

Certes, l’organisation des Jeux a connu ses dernières semaines des secousses avec la démission forcée de Yoshiro Mori et l’élection dans les jours suivants de Seiko Hashimoto, mais de plus en plus de voix s’élèvent pour s’inquiéter de la présence aux Jeux, d’un public étranger.

Une réunion au sommet entre d’une part le COJO, le ministère japonais des Jeux olympiques, la Métropole de Tokyo et de l’autre, le CIO et le comité paralympique est prévue la semaine prochaine. Nulle doute que la question sera de nouveau abordée. En attendant, le CIO se donne jusqu’au mois d’avril pour arrêter sa décision.

Trois arguments pour des Jeux sans public étranger

Reste que si l’organisation internationale se donne du temps, le public japonais lui y est franchement hostile.

D’abord, rappelons que 11.500 athlètes étrangers, leurs accompagnateurs, les officiels et les médias vont débarquer au mois de juillet, ce qui pourrait représenter près de 25.000 personnes. C’est déjà beaucoup pour créer de l’inquiétude chez un peuple qui ne parvient pas à se convaincre du maintien des Jeux. Cela d’autant que la nouvelle ministre des Jeux olympiques, Tamayo Marukawa plaide elle aussi pour que la vaccination ne soit pas une condition sine qua non à la participation aux Jeux.

 

L’autre aspect, c’est justement la capacité du gouvernement Japonais à enrayer l’épidémie. En janvier, le pays nourrissait quelques inquiétudes avec près de 7500 cas chaque jour. Huit semaines plus tard, grâce à la fermeture des frontières et l’état d’urgence dans onze préfectures, la pandémie est de nouveau maîtrisée localement. On comptait moins de 300 cas journaliers à Tokyo en début de semaine. L’arrivée massive de visiteurs étrangers serait de nature à mettre à mal tous ces efforts.

 

Enfin, troisième point, si le public étranger est absent, le public japonais peut facilement garnir les travées des stades, des salles et des autres espaces  de compétition. Sans qu’on sache précisément, la part des réservations étrangères par rapport à celles des Japonais, seuls 810.000 personnes avaient demandées le remboursement de leurs sésames sur les 5,5 millions de billets vendus  pour les jeux olympiques et les paralympiques (chiffres décembre dernier).

A titre de comparaison, 500.000 visiteurs étrangers avaient assisté aux Jeux de Rio 2016.

Difficile de contrôler les visiteurs

En ces temps de pandémie, le maintien des Jeux reste le plus important. Ça l’est, pour le Japon qui a beaucoup investi dans cette affaire, ça l’est plus encore pour ces milliers de sportifs qui viennent de consacrer quatre ans à se préparer à cet événement, sans doute le plus important de leur vie d’athlète.

 

C’est dans ce sens qu’un membre du Comité d’organisation, l’ancienne judokate Kaori Yamaguchi (photo) plaide pour l’absence de public étranger.

Dans le Mainichi Shimbun, elle déclare « Pendant les Jeux, les athlètes seront dans le village, où il sera possible de contrôler leurs déplacements et gérer leur éventuel isolement. Mais il sera très difficile d’en faire autant avec les touristes étrangers venus pour les Jeux ».

 

Par ailleurs, l’application pour smartphone en cours de développement pour suivre les allées et venues des visiteurs étrangers potentiels pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo au milieu de la pandémie de coronavirus, est loin d’être opérationnelle. Certains nourrissent même quelques inquiétudes quant à son développement et ses tests avant plusieurs semaines.

L’application serait pourtant considérée comme une «bouée de sauvetage» pour le contrôle des maladies. Elle doit se connecter au visa électronique du ministère des Affaires étrangères et à celui du ministère de la Santé qui partagent des informations sur les personnes infectées. Par ailleurs, elle doit également centraliser les informations sur les mouvements des visiteurs étrangers, l’état de santé et les résultats des tests COVID-19.

Si les visiteurs étrangers sont acceptés, ils devront nécessairement posséder un smartphone et y installer l’application. En contrepartie, ils seront en principe dispensés de 14 jours de quarantaine et seront libres d’utiliser les transports en commun.

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