Les « Jeux olympiques » humanoïdes en pleine mutation

Les "Jeux olympiques" humanoïdes en pleine mutation La deuxième édition des World Humanoid Robot Games (WHRG) qui a débuté en début

Les « Jeux olympiques » humanoïdes en pleine mutation

La deuxième édition des World Humanoid Robot Games (WHRG) qui a débuté en début de semaine à Pékin et viennent de s’achever n’a plus la même envergure que lors de la première édition. Elle accueille 2 056 robots issus de 666 équipes provenant de 16 pays… dont surtout la Chine.

 

Ces dernières années, l’industrie de la robotique humanoïde a captivé le public grâce à des saltos arrière, des chorégraphies et des records de vitesse au marathon. Elle a même fortement amusé le public qui s’est abreuvé d’images de robots de sport qui se prennent les pieds dans le tapis, qui ne parviennent pas à arrêter leur course, voire qui s’effondre piteusement en produisant des gerbes d’étincelles.

 

La deuxième édition des World Humanoid Robot Games (WHRG), qui a débuté le 22 août dernier sur l’Anneau national de patinage de vitesse de Pékin a proposé pendant cinq jours toujours des compétitions athlétiques très médiatisées.

Sur un format olympique éprouvé, elle propose des épreuves dans le domaine de l’athlétisme, du football, des arts martiaux, de la gymnastique, de la danse sportive, du tennis de table, du tir à la corde et de l’haltérophilie. Jusque-là rien de très nouveau par rapport à la première édition.

La nouveauté, c’est que, désormais, le débat s’oriente résolument du spectacle viral vers la réalité économique.

D’ailleurs, le nombre de participants a plus que doublé en un an et les entreprises et universités chinoises tiennent le haut du pavé.

Business Is Business

Car quand on dit que 16 pays y participent, en réalité, il y a la Chine et le reste du monde. Sur les 666 équipes engagées, 641 sont chinoises. Elles sont issues de 157 entreprises et de 200 universités ou instituts de recherche.

C’est d’ailleurs la municipalité de Pékin qui est à la manœuvre en compagnie du diffuseur public China Media Group (CMG). Ces Jeux servent de plateforme phare au « soft power » chinois pour démontrer un leadership mondial dans le domaine de l’intelligence incarnée et de l’IA physique.

 

Les organisateurs des World Humanoid Robot Games (WHRG) mettent désormais l’accent sur l’utilité commerciale. Ils introduisent 21 épreuves basées sur des scénarios réels qui testent les robots dans des environnements simulés d’usine, d’hôtel et de commerce de détail.

 

Il s’agit de vérifier si ces machines bipèdes peuvent accomplir des tâches de manière fiable et autonome afin de générer une véritable valeur économique. Bref, il est question de faire passer les robots humanoïdes du statut d’« outils de démonstration » à celui d’« outils de productivité concrets ».

Un record du monde battu

Bien sûr, l’aspect sportif reste un attrait majeur, mais les critères de réussite sont devenus nettement plus exigeants. Les temps impartis pour les épreuves sur piste ont été considérablement réduits. Ainsi, la limite pour le 100 mètres est passée de trois minutes à une seule minute.

 

En réalité les robots qui ont participé à la compétition ont fait beaucoup mieux, puisque le record d’Usain Bolt sur 100 m a été battu. C’est ainsi qu’un robot a parcouru la distance en 9,39 secondes (video ci-dessous) et effacé le record humain historique de Bolt établi en  9,58 secondes, il y a 17 ans.

Développé par le fabricant chinois de smartphones Honor Lighting, cet humanoïde est vraiment un athlète complet puisqu’il avait remporté le semi-marathon de Pékin en 50 minutes et 26 secondes, ce qui constitue encore un record du monde. Le record actuel chez les humains est de 56’51. Il a été établi ce dimanche par l’Éthiopien Yomif Kejelcha.

 

Ajoutons que l’autonomie des robots est désormais strictement imposée. Le pilotage à distance est, soit totalement proscrit pour la plupart des épreuves sur piste, soit lourdement pénalisé lors des épreuves de mise en situation.

Une ville du futur dans la ville

Pour gérer ce déploiement sans précédent, les organisateurs ont construit une sorte de Village olympique baptisé « Maison des robots » sur site. Cette installation sert de centre de soutien centralisé, capable d’héberger plus de 1 500 robots et d’assurer la recharge simultanée de 1 200 batteries.

Des systèmes d’enregistrement numérique permettent de récupérer un robot spécifique en seulement 30 secondes.

 

On le voit, le secteur des humanoïdes passe des environnements contrôlés à la réalité complexe du terrain. Les grands gagnants ne seront pas nécessairement les machines les plus rapides, mais celles capables d’accomplir la tâche de manière fiable, sans le soutien des ingénieurs. C’est tout l’enjeu de cette deuxième édition.

 

Espérons que les prochaines éditions proposeront de véritables Jeux du Futur qui explorent tous les domaines de la robotique, celui de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Des Jeux où les humanoïdes et les humains seront tour à tour partenaires ou concurrents.

 

 

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